Nous voilà de retour de trois nuits passées dans le village de Togbota. Petit trip très intéressant et instructif de vraie vie au coeur même d'un village africain sans eau courante ni électricité...Vive la douche au retour ! ;)
Nous devions partir lundi matin à 8h avec Bernard (chauffeur avec qui on a été au Ghana), mais voilà qu'il est en retard, qu'on arrive pas à le joindre ... Bizarre, bernard est toujours à l'heure d'habitude. On le voitu finalement arrivé aux environs de 9h30 en zem, un bras en bandouillère : le pauvre c'était fait violemment braqué au Nigéria (rassurez-vous ce genre de chose n'arrive pas au Bénin) alors qu'il était au volant de la 4x4 avec son client. Résultat : 8 balles dans le bras gauche pour Bernard, nombreuses balles dans la jambe du client et voiture démolie ainsi que tous les biens qui étaient à l'intérieur. Je peux vous dire que ça nous a fait un sacré choc à tous les trois de voir Bernard arrivé dans cet état là. Il nous a ensuite cherché un chauffeur avant d'aller se faire à nouveau soigné parce que les soins n'avaient pas été correctement dispensés au Nigéria. Actuellement il est toujours à l'hôpital et a perdu (pour l'instant espèrons) l'usage de trois de ses doigts de la main gauche ...
Bref, je ne suis pas là que pour vous raconter le malheur des autres (mais cette histoire m'a vraiment touchée car Bernard est vraiment un nounours adorable, en plus il a des enfants ;) mais pour vous raconter notre petit trip à Togbota où nous sommes finalement arrivés avec un ami de Bernard comme chauffeur.
Togbota se trouve à une 60aine de km de Cotonou avec des routes vraiment désastreuses (peut-on appeler ça des routes?). Une fois arrivés au bord du fleuve, nous prenons une pirogue pour atteindre le village qui se trouve "sur une île" au milieu du fleuve Ouémé. Nous débarquons donc aux environs de 17h dans le village même de Togbota avec toutes nos affaires, ce qui veut dire beaucoup de choses puisque nous avions : moustiquaires, sac à viande, nourriture et eau pour 4 jours.
Nous sommes partis avec Georges qu'on connaissait déjà de notre séjour dans la Lama et qui nous a servi de traducteur pendant toute la durée du séjour(heureusement qu'il était là car personne ne parle français là bas)...
Nous avons parcouru les différents quartiers qui compensent le village de Togbota (dont certains se situent à près d'une heure, voir deux heures de marche de notre point de départ) afin de discuter avec les habitants de conservations des ressources naturelles, des espèces menacées (que se soit faune ou flore) et de leur alimentation. Pour rappel, nous sommes partis dans le cadre de l'association "La vallée de l'Ouémé" (http://www.valleedeloueme.org) créé par un français dans le but de faire construire des puits, dans un premier temps, afin que les villageois aient accès à de l'eau potable puisque actuellement ils se nourrissent, se lavent, boivent dans l'eau du fleuve qui, il faut le dire, est loin d'être translucide ... :s Le contrat moral passé avec les habitants est "on vous donne accès à l'eau potable, en échange vous faites un effort point de vue sanitaire (enfants sous moustiquaires, déchets rassemblés, ...) et point de vue conservation des ressources naturelles (comme par exemple conservation du singe à ventre rouge (Zinkaka), plus de capture d'inséparables, etc.) ". Nous avons donc essentiellement discuté de ça avec les villageois : qu'est-ce qu'ils chassent ? qu'est-ce qu'ils cultivent ? quelles sont les espèces qui se raréfient d'après eux ? Et puis nous en avons profiter pour rappeler les différentes "règles" d'hygiènes, mais aussi pour expliquer à ceux qui ne le savaient pas (et ils sont nombreux) pourquoi on s'occupe de conservation des ressources naturelles et en quoi est-ce important ! Gaétane a également pris note de leurs habitudes alimentaires en sa qualité de diététicienne et elle a donné certains conseils aux femmes comme par exemple faire bouillir l'eau avant de la faire boire aux enfants ou encore de mettre du citron sur leur poisson (afin d'améliorer leur absorption en fer)... Chose qui n'a pas été facile, et on ne sait pas si elles vont mettre en application, car les habitudes là-bas sont vraiment difficiles à modifier tellement elles sont ancrées depuis des générations!
Je pourrais encore écrire beaucoup sur l'aventure que nous avons vécue durant ces trois jours, mais Matthias va sûrement écrire ses impressions d'ici peu et puis comme ça il restera quand même quelque chose à raconter en rentrant ;) Bisous :)